BURUNDI. Pierre Nkurunziza: de nouvelles manifestations avortées par l’armée

Posted on Mai 18, 2015 @ 12:00

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Quelques tentatives de rassemblements d’opposants au président Pierre Nkurunziza ont été dispersées par l’armée lundi.

De petits groupes d’opposants au président burundais Pierre Nkurunziza tentaient de se rassembler lundi matin dans plusieurs quartiers de Bujumbura, fiefs de la contestation contre un troisième mandat présidentiel, où des militaires ont été déployés en nombre et tentaient de les disperser.

Américains et Canadiens évacués

Les ressortissants étrangers qui vivent au Burundi fuient les troubles liés à un coup d’Etat avorté. Les Etats-Unis ont apporté dimanche leur aide aux Américains, Canadiens ainsi qu’à d’autres nationalités pour qu’ils puissent quitter le pays.

Les Etats-Unis ont prévenu leurs ressortissants de la situation «volatile» dans ce pays d’Afrique de l’Est, et ont assuré avoir aidé une vingtaine de ressortissants étrangers à monter dans des avions en partance pour le Rwanda, selon un porte-parole du département d’Etat, Jeff Rathke.

Dans le quartier de Cibitoke, une trentaine de manifestants ont essayé de se rassembler en chantant et soufflant dans des sifflets sur l’une des avenues du quartier.

Ils étaient immédiatement chassés de la rue par les tirs en l’air d’un contingent de soldats, trois fois plus nombreux que les protestataires et lourdement armés.

Kalachnikovs, lance-roquettes et mitrailleuses lourdes

Alors que la police était jusqu’à présent le principal instrument de la répression depuis le début des manifestations le 26 avril contre une candidature à un troisième mandat du président Nkurunziza, aucun policier n’était déployé lundi matin face aux manifestants de Cibitoke, où l’armée prenait très clairement en main les opérations de maintien de l’ordre.

Seuls des militaires étaient présents, dont certains paraissaient embarrassés pour gérer la situation, aucun d’entre eux ne disposant de matériels de maintien de l’ordre, matraques ou boucliers.

Équipés de fusils kalachnikov, de lance-roquettes RPG et même de mitrailleuses lourdes, ils n’avaient d’autre solution que de tirer en l’air ou courir après les manifestants qui, à peine dispersés, se regroupaient un peu plus loin sur la route en scandant des slogans hostiles à Nkurunziza.

«Notre objectif est qu’ils (les manifestants) quittent la rue, il est interdit de manifester. Nous essayons de les faire partir pacifiquement», a déclaré un militaire.

«Les gens ont peur»

Aucune violence, aucun jet de pierres n’était cependant à signaler. Seules deux petites barricades finissaient de se consumer au bord de la chaussée après avoir été démantelées par les soldats. Un autre groupe d’une centaine de manifestants jouaient également le même jeu du chat et de la souris avec les militaires plus loin dans le quartier.

«Il n’y a pas beaucoup de monde, car la police a dit qu’elle allait tirer, les gens ont peur», a déclaré l’un des protestataires, Patrick, 35 ans. «On attend d’être plus nombreux pour descendre vers le centre-ville», a-t- assuré, entre deux sprints avec les soldats.

Dans le quartier voisin de Ngagara, autre foyer de la contestation, aucune barricade n’était visible, alors qu’un petit marché du quartier était très animé.

A Musaga, autre quartier de la contestation anti-Nkurunziza, des petits rassemblements de quelques dizaines de protestataires ont été observés, et là aussi des soldats tentaient de les disperser.

(ats)

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Posted in: Actualité