CAMEROUN. LOI ANTITERRORISTE. Boko Haram: Plus de sécurité pour moins de liberté ?

Posted on Déc 17, 2014 @ 12:00

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yvesPar Yves Kouotou

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palais_etoudiDixit: «La haine est un sentiment qui ne peut exister que dans l’absence de toute intelligence»

Et moi j’ajouterai que la haine s’auto-alimentant, ceux qui ont fait de la détestation de l’autre, une idéologie politique et un tremplin pour accéder au pouvoir ne mourront que des effets létaux du fiel qu’ils déversent partout…

Quelle liberté réclame t-on donc, quand on détient déjà celle de pouvoir traiter d’illettrée et de prostituée, l’épouse du Chef de l’État, la première Dame de son pays ? Quelle place devrait-on accorder dans nos sociétés aux délinquants civiques, doublés de béotiens tribalisants ? Je passe…

Combinaisons oranges, sacs noirs sur la tête et mains menottées, pour la plupart sans inculpation, ni jugement, voilà l’image surréaliste, inhumaine, cruelle, que le monde entier devrait retenir des prisonniers du camp de Guantánamo, soupçonnés de terrorisme ou ayant des liens supposés avec le terrorisme. Ils portent en eux, sur eux, telles des cicatrices indélébiles, l’étendue de la cruauté, de la barbarie humaine, dans une fière, déconcertante et très assumée banalité. Nous sommes au XXI ème siècle, dans la très vertueuse et puritaine Amérique…

Le 14 septembre 2001, treize années avant le projet de loi visant à renforcer la lutte contre le terrorisme au Cameroun, le Congrès américain vote une résolution conférant de larges pouvoirs à l’administration Bush pour utiliser la force armée contre les nations, les organisations ou des personnes ayant des liens présumés avec les attaques du 11 septembre 2001 ou de futurs actes de terrorisme international. C’était pour parler simplement, un blanc-seing donné à l’armée américaine d’intervenir même à Koutaba ou à Njiyuom dans mon quartier à Foumban, pour traquer de prétendus terroristes, les torturer (quand ils ne sous-traitent pas cette torture), jusqu’à ce qu’ils avouent ce qu’ils auront envie d’entendre… Un cadre légal donc, qui permet à l’Exécutif américain de se livrer à une vaste entreprise d’arrestations arbitraires, d’emprisonnements secrets et de tortures sur des suspects dont les seuls torts sont parfois d’être de confession musulmane ou même simplement de porter une barbe…

Ils sont donc où, les pseudos défenseurs des plus faibles camerounais, contestataires irréductibles du rien, nés des claviers féconds de l’oisiveté, de l’imposture et du désœuvrement ? Oui, ce serait bien de les lire ou de les entendre, eux qui sont épris de liberté et de démocratie, qui clament à qui voudrait les entendre qu’ils sont opprimés, brimés et torturés par Paul Biya le Président du Cameroun et son régime répressif, qui leur laisse quand même la latitude de traiter sa femme de pute… Qu’ils viennent alors dire si ça les gêne que les États-Unis gavent de force les prisonniers de Guantánamo avec des seringues introduites dans leurs narines, quand ils «osent» une grève de la faim, alors que c’est tout ce qui leur reste comme argument pour dénoncer les conditions inhumaines de leurs incarcérations. Que les libérateurs autoproclamés des camerounais viennent être d’accord avec tous ceux qui pensent et disent aussi que le camp de Guantánamo est le symbole d’une atteinte aux principes internationaux des droits de l’homme. Ça leur permettra de gagner en crédibilité.

Par ailleurs, ce n’est que sur les nègres aux États-Unis que les valeurs démocratiques et de liberté s’expriment, celles qui les excluent, les logent dans des « cages » ou les placent en marge de leur société. Les policiers blancs chez Barack Obama ont une façon particulière de vivre leur démocratie, elle est violente, résolument meurtrière, racialiste et raciste. Payés pour protéger tous les citoyens américains et leurs biens, ils choisissent plutôt de tirer à balles réelles sur ceux qui ont la malchance d’être noirs, comme le ferait n’importe quel chasseur sur des antilopes. Investir aux USA en ce moment sur la fabrication des gilets pare-balles pour nègres est un business porteur… On pourrait tout aussi faire fortune dans les villes américaines, en organisant des paris sur la couleur des cheveux ou la grosseur du nez du prochain nègre qui sera abattu par un flic blanc. Voilà des pistes d’investissement pour ceux qui n’ont rien à faire de leurs vies. Et si Obama n’a pas de solution pour tacler le racisme, les inégalités dans le pays dont il a la charge, au peuple à qui il doit son mandat et sa légitimité, un pays qui s’obstine toujours à refuser aux nègres le droit d’être des humains à part entière, quelle aide crédible pourra t-il apporter aux africains qui ne lui demandent rien dans leur très grande majorité ? Pour nos pays africains en crise, voilà les solutions que prônent certains soi-disant opposants à court d’idées et de personnalité, inviter des loups à venir faire régner l’ordre dans leurs bergeries…

Une certaine presse d’opportunisme, celle de Jeune Afrique en l’occurrence et ses relais camerounais affamés et sans-papiers, avait voulu faire de l’ancien putschiste et condamné à mort Guérandi, un respectable opposant politique camerounais, qui selon leurs dires, avait été enlevé et tué par le régime de Biya… Comme à l’accoutumée, ces valets de l’impérialisme évoquaient les entraves de l’exécutif camerounais aux libertés fondamentales du peuple. Ils exigent d’ailleurs du Cameroun qu’il respecte des droits qu’ils seraient par couardise, incapables d’en faire la simple allusion, dans les pays occidentaux qui les accueillent et les nourrissent, pourtant grands pourfendeurs des valeurs démocratiques. C’est ce que ça donne, quand la famine commence à commander les convictions des uns et des autres… Pourquoi ce qui est vrai pour le Cameroun ne devrait-il pas l’être pour les USA ou le Royaume-Uni ? Ces apprentis sorciers citent la France ou les USA comme modèle de démocratie et de liberté, mais oublient de dire que les États-Unis de Barack Obama avaient assassiné Oussama Ben Laden, le privant même de sépulture, quand les règles d’usage dans les États de droit, dont ils font la promotion auraient commandé qu’il fut arrêté et présenté devant un juge pour un procès équitable, puis condamné si reconnu coupable. Un procès aurait aussi permis aux familles des victimes du terroriste présumé de faire leurs deuils… Saura t-on un jour ce qu’on reprochait exactement à Ben Laden ? À défaut de justice, les crimes qu’on lui imputait ne dépasseront jamais le stade de simples allégations, malheureusement.

La France de son coté a toujours fait le choix de la protection des intérêts de l’oligarchie, j’entends par là du système, au détriment de ceux du peuple. Celui-ci n’a jamais compté que pour les besoins électoraux ou de suffrage, uniquement que lorsqu’il faut légitimer la forfaiture de ses dirigeants. Tenez donc, Edward Snowden, quand il avait révélé les écoutes clandestines, illégales de Barack Obama sur François Hollande, ce dernier aurait pu par gratitude (humanisme aussi), non seulement le proposer pour le Prix Nobel de la Paix, mais aussi lui offrir l’asile politique, le protéger, car il était désormais en danger de mort et surtout recherché par la justice américaine pour cette trahison (?). Mais non, le Président français prit plutôt l’option de tout faire pour arrêter son bienfaiteur Snowden, pour le livrer à Obama, celui qui l’abusait. Il fut même prêt à abattre l’avion présidentiel bolivien, dans lequel il était soupçonné d’être, en compagnie du Président Evo Morales, s’il survolait son espace aérien. Quelles valeurs !

Par leurs violations flagrantes et récurrentes des libertés essentielles, leur mépris pour les lois internationales et le peu de considération qu’ils accordent à la souveraineté de certains États, peut-on, comme le font les adeptes sectaires de l’église réveillée «Biya must go», continuer de citer les États-Unis, la France ou le Royaume-Uni comme des références en matière de démocratie ou de liberté et vouloir en même temps justifier d’une bonne santé mentale ?

Beaucoup de pays ont renforcé leurs arsenaux juridiques pour pouvoir lutter efficacement contre le terrorisme et leurs promoteurs. Il y a donc quoi ?

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