Bamiléké ou Mbamiléké ? Anecdote sur l’influence des dialectes bamis lors des agitations à Douala

Posted on Mai 29, 2014 @ 10:44

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SissaromaPar Sissaroma

Bamiléké ou Mbamiléké ? Anecdote sur l’influence des dialectes bamilékés lors des agitations des années d’indépendance à Douala

Le mot bamiléké se prononce comme il s’écrit et sans phonétique : B A M I LÉ K É. Tous les Camerounais savent le prononcer, même les bamilékés savent dire bamiléké et on ne les a jamais entendu dire MBAMILÉKÉ. Mais, demandez à 5 bamilékés de prononcer le nom du Président de la République, vous entendrez les 4/5 dirent Mbiya.

Pays bamiléké

Pays bamiléké

Demandez à des bamilékés de prononcer le mot MBIDA, vous les entendrez dire BIDA, sans la prononciation du M.

Est-ce l’influence des langues vernaculaires bamilékés ou alors le mépris et l’irrespect ? Que nenni.

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Cette « lacune » leur a sans doute joué des tours par le passé. On se rappelle que, lors des agitations et des émeutes survenues pendant les indépendances, notamment dans la ville de Douala, beaucoup de « maquisards  » de l’Union des populations du Cameroun (UPC) étaient recherchés par la police camerounaise et l’armée française. Ces derniers recherchaient un certain Tanké Noé, un « maquisard » bamiléké qui s’était caché au quartier Congo à Douala. Il s’y cachait avec son complice bassa’a, un certain Makandapouth. On soupçonnait les bamilékés de cacher Tanké Noé et c’est ainsi qu’ on créa le mot de passe inspiré de la langue ewondo ( béti) « bia,bia »,  qui veut simplement dire « entre nous ». Ainsi, quand on frappait à votre porte, vous l’ouvrez et disiez « bia, bia », et on savait que vous n’étiez pas bamiléké. La prononciation correcte du mot de passe vous sauvait. Les bamilékés étaient au courant du mot de passe mais, selon les témoignages recueillis, ils disaient plutôt: «  mbia, mbia », avec l’accentuation du M. Cette lettre leur causa de gros soucis...

Selon le linguiste Dieudonné Toukam, les Bamilékés seraient les descendants des Baladis, un peuple ayant ses origines dans l’actuel territoire de l’Égypte. Les Bamilékés sont communément qualifiés de « semi-bantous ».

La classification de SIL International identifie 11 groupes de dialectes bamilékés différents :
  • Le ghomálá’1 et ses variantes sont parlées en particulier dans les départements de la Mifi, du Koung-Khi, des Hauts-Plateaux, de l’est de la Menoua, et dans des portions des Bamboutos. Les centres culturels les plus importantes sont Bafoussam, Bandjoun, Baham, Bamendjou, Batié et Bansoa.
  • Le nufi2 ou le fe’fe’ est parlé au sud-ouest et dans le département du Haut-Nkam autour des villes de Bafang, Bana, Bakou et Kékem.
  • Le nda’nda’3 occupe le tiers du département du Ndé. La principale implantation est à Bazou.
  • Le yemba4 est parlé dans le département de la Menoua autour de la ville de Dschang.
  • Le medumba5 est parlé surtout dans le département du Ndé, avec pour principales implantations Bangangté et Tonga.
  • Le kwa’6 est parlé entre le département du Ndé et la province du Littoral.
  • Le ngwe7 autour de Fontem dans le sud-ouest de la province.
  •  Le mengaka8, le ngiemboon9, le ngomba10 et le ngombale11 sont parlés dans le département des Bamboutos.

Si toi, mon frère bamiléké, tu sais dire bamiléké et non mbamiléké, où vas tu chercher le M que tu rajoutes au nom BOFIA, BALEMAKEN, BIYA, BOBOLO ?  Et pourquoi enlèves-tu le M à MBENGUE, MBIDA, MBARGA et  MBOMA ?

Posted in: Actualité