Égypte: les États-Unis ont l’intention de suspendre l’aide militaire à l’Égypte mais…

Posted on Oct 9, 2013 @ 21:44

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Abdel Fattah al-Sissi

Abdel Fattah al-Sissi

WASHINGTON DC, Etats-Unis – Les partisans du président islamiste Mohamed Morsi ne veulent rien lâcher. Mais les attentats et leurs affrontements avec les forces de sécurité égyptiennes, y compris dimanche dernier, mettent les Etats-Unis, ou plutôt l’administration Obama proche des Frères musulmans, en porte-à-faux. Depuis que le nouveau pouvoir a interdit la confrérie, les Américains ne peuvent plus les aider puisqu’ils n’ont plus de structure. Avec, dimanche dernier, l’un des jours les plus sanglants depuis que l’armée a pris le pouvoir, faisant plus de 57 personnes décédées, la Maison Blanche veut suspendre l’aide à l’armée.

L’administration Obama dit vouloir suspendre environ 585 millions de dollars d’aide militaire à l’Egypte en attendant une révision de sa politique, au sens large du terme. Aucune autre précision dans ce sens-là, donc. Mais, il y a un couac et surtout une navigation à vue…

Les Etats-Unis qui parlent de la suspension de l’aide militaire précisent qu’ils n’arrêteront nullement l’aide pour promouvoir la lutte contre le terrorisme ou encore la sécurité dans la péninsule du Sinaï qui borde Israël, et d’autres priorités. Pour ces dernières, aucune précision. Sur le terrain, le terrorisme est bien du côté des Frères musulmans qui, dans le Sinaï, commentent de plus en plus d’atrocités avec l’aide des félons du Hamas, qui enfoncent encore un peu plus Gaza dans le chaos.

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Néanmoins, un petit bémol. Le président américain Barack Obama, pressé par ses opposants et même ses partisans, n’a pas pris une décision définitive sur la question. Les républicains sont irrités et dénoncent le manque criard de la promotion de la démocratie et des droits en Égypte. Ils dénoncent en filigrane cette volonté de maintenir une certaine coopération avec l’armée égyptienne. Et pour cause.

C’est une hypocrisie. En effet, aucun responsable américain ne s’était plaint sous le règne autoritaire de l’ancien président Hosni Moubarak. Ni d’ailleurs sous les Frères musulmans, qui pratiquaient une politique d’exclusion malgré une élection démocratique. Les deux avaient donné des gages à l’Amérique. Quant au nouveau pouvoir, il refuse de se plier au diktat occidental jusqu’à présent, avec notamment le maintien en détention de Mohamed Morsi.

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