Syrie – France – Iran : le Quai d’Orsay ou la diplomatie du bruit et de la fureur

Posted on Mai 19, 2013 @ 10:06

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th (4)La seule et unique initiative de la France en matière de paix date des années Sarkozy, avec le conflit russo-géorgien. Là, sans compter, l’homme avait fait des efforts pour la paix, ce qu’il refusa ensuite de faire en Libye et en Syrie. Après le prêchi-prêcha incestueux de la France, uniquement et essentiellement contre le Gouvernement du président Bachar al-Assad, avec un diktat digne des pires dictatures, il est étonnant que la France puisse encore s’exprimer sur le cas syrien. Tout d’abord, quand on refuse de prôner la paix en éliminant de facto un des protagonistes, c’est le signe même de la méconnaissance du sujet et d’une partialité qui vous disqualifie. Chanter avec les pieds dans la merde, est bien notre spécialité, non ? Après deux ans d’échecs, le parrain du Conseil national syrien (CNS) serait avisé de la fermer un peu, parfois même, pour toujours. 

Après avoir eu pour seule initiative la création des « amis autoproclamés de la Syrie » et reconnaître en premier le CNS comme unique interlocuteur du peuple syrien -une falsification-, Paris a chanté durant les deux dernières années, sa chanson fétiche, marque déposée des clowns: « Bachar al-Assad doit partir ». Les droits à la Sacem doivent avoir rapporté beaucoup d’argent pour aider les terroristes qui sèment la mort en Syrie. Bref, aucune solution de paix, sinon, la guerre à outrance et autres diktats. Aujourd’hui, la Russie prend une initiative et vlan, avec sa crète, la grande France, le geyser du monde occidental, la flamme éternelle, la triste France -celle actuelle-, déclare l’Iran persona non grata dans des négociations. C’est ainsi qu’elle entre par effraction dans un processus qu’elle n’a jamais voulu mettre en place et veut, ô sacrilège, imposer sa vision. Fichtre.

Le porte-parole du ministère français des affaires étrangères, Philippe Lalliot, a donné la position de LA France, vendredi 17 mai. « En ce qui nous concerne, en tous les cas, [nous ne voulons] pas l’Iran. » Le MOI est haïssable disait Pascal. Ainsi, Paris, à l’initiative de rien, ne veut pas que l’Iran participe à la conférence internationale en projet sur la Syrie ? Or, Moscou, a demandé la présence de ce pays partie à ce conflit, à la conférence prévue pour le mois de juin. Pire, le porte parole du Quai d’Orsay se contredit en affirmant:

« La crise syrienne, par contagion, touche toute la zone. Il y a un enjeu de stabilité régionale, on voit mal qu’un pays [l’Iran] qui représente une menace pour cette stabilité participe à cette conférence »

Visiblement, il parle de « toute la zone ». Donc, l’Iran n’est pas de la zone ? En effet, le pays de Mahmoud Ahmadinejad est plus proche que la France dans  ce conflit et devrait avoir son mot à dire plus que le coq. La Russie a affirmé jeudi dernier qu’elle voulait que l’Iran et l’Arabie saoudite soient invités à la conférence, considérant ces pays comme deux acteurs clés pour trouver une solution politique à la crise. Le nier, c’est encore une fois prôner la guerre, la division et la désolation. Où est donc la France, la vraie, celle de la paix entre les peuples ? Où est donc passée la douce France que chantait Charles Trenet ? Aux oubliettes de l’histoire. Visiblement, la diplomatie française ne travaille plus que pour des pays tiers…C’est regrettable et c’est une honte de se dire grand pays et de perdre sa souveraineté en matière de politique étrangère.

De deux choses l’une. Soit la France n’a pas pris la mesure de ce conflit meurtrier, soit elle vogue à vau-l’eau et ne sait même pas de quoi il s’agit. Un tel aveuglement est risible. Quand il y a un conflit, c’est avec essentiellement ses ennemis qu’on discute. Ce n’est pas une nouveauté. D’ailleurs, dès le début de cette guerre,  le médiateur d’alors, Kofi Annan, ancien secrétaire général de l’ONU, avait proposé la présence de l’Iran et de l’Arabie saoudite. Comme on pouvait s’attendre, les rois du mantra « Assad doit partir », à l’origine de la durée de cette guerre, en l’occurrence les Etats-Unis et la… France -encore elle-, s’y étaient opposés. En refusant de mettre un peu d’eau dans son vin, la France réaffirme donc, son opposition à la paix. C’est une faute quand on pense détenir la vérité absolue…Et pour finir M. Lalliot le porte parole du Quai d’Orsay enfonce le clou avec un tel mépris que ça frise l’immoralité:

« Pour nous, il est clair que la Coalition nationale syrienne [CNS], reconnue comme le seul représentant légitime du peuple syrien, est au cœur de la négociation. Mais nous ne serons pas intrusifs au point de coucher sur le papier les noms de ceux qui représenteront l’opposition aux négociations. C’est à elle de faire ses choix ».

Tiens, tiens. « Seul représentant du peuple syrien ». Le CNS a-t-il eu un semblant mandat du peuple syrien pour parler en son nom ? Décidé dans les salons feutrés de Paris ou de Washington, il faut donc imposer des inconnus au bataillon, que le peuple syrien ne connaît même pas ? Sarkozy avait terni l’image de la France, le Gouvernement Hollande poursuit l’oeuvre macabre, que dis-je, est entrain de la décapiter pour des buts inavoués…

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