Jonathan Pollard : double allégeance (Américano-israélienne) et haute trahison

Posted on Avr 10, 2012 @ 0:01

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Jonathan Pollard

Jonathan Pollard

L’histoire de Jonathan Pollard, 37 ans, un ancien analyste de la marine américaine, est une vraie histoire de polar. Le juif américain avait trouvé bon dans les années 1980, parce que juif, de fournir à Israël des milliers de documents classés « secret défense », entre mai 1984 et novembre 1985. Trahi par un de ses collègues, il s’était réfugié dans les locaux de l’ambassade d’Israël à Washington pensant bénéficier de l’extraterritorialité, pour échapper à la justice américaine. Hélas, Israël qui ne doit sa survie que grâce au soutien américain, demanda qu’il soit refoulé de son ambassade…

Jonathan Pollard fut alors reconnu coupable de « haute trahison » et condamné à la prison à vie en 1987. Alors qu’Israël traverse en interne de sérieux problèmes, entre ceux qui sont contre l’annexion encore plus flagrante des territoires palestiniens à Jérusalem-est, ou encore ces intellectuels européens qui ne se cachent plus comme le Nobel allemand Günter Grass qui pensent que les dirigeants israéliens sont plus dangereux que tous les ayatollah réunis, son président Shimon Peres et son premier ministre Benjamin Netanyahu se battent pour la libération de cet espion.

Le premier a adressé un courrier officiel à son homologue américain Barack Obama pour lui demander la libération de l’espion juif américain Jonathan Pollard. Il a rencontré, hier, l’épouse du détenu. Le second, Netanyahu, s’est fendu d’une déclaration tous azimuts:

« Il est temps de libérer Pollard. La Fête de la libération (autre nom de la Pâque juive, qui a débuté vendredi soir) de tous les juifs devrait devenir celle de Pollard »

Alors qu’on s’interroge pourquoi l’administration israélienne exhorte les États-Unis de libérer cet homme emprisonné depuis plus de 20 ans uniquement sous la présidence Obama, les réponses sont assez tarabiscotées.  Pour le bureau du président israélien, il s’agit de le faire pour besoin humanitaire car la détérioration de l’état de santé du prisonnier se pose avec acuité. Du côté de la Primature, on s’appuie sur le fait que, Jonathan Pollard est devenu citoyen israélien en 1995, et qu’Israël a fait son mea culpa en le reconnaissant comme espion israélien en…1998.

La balle est dans le camp Obama…