L’Afrique et la nouvelle férocité blanche :conséquences et inconséquences.

Posted on Jan 4, 2012 @ 19:59

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Dans « Les Damnés de la Terre » (1961), Frantz Fanon, (éd. La Découverte) disait: « Les nations européennes se vautrent dans l’opulence la plus ostentatoire. Cette opulence européenne est littéralement scandaleuse car elle a été bâtie sur le dos des esclaves, elle s’est nourrie du sang des esclaves, elle vient en droite ligne du sol et du sous-sol de ce monde sous-développé. Le bien-être et le progrès de l’Europe ont été bâtis avec la sueur et les cadavres des Nègres, des Arabes, des Indiens et des Jaunes. Cela nous décidons de ne plus l’oublier.” Pensez-vous que quelque chose a changé ?

Il n’y a pas de génération spontanée au niveau des dirigeants européens. C’est la même oligarchie depuis des lustres. Il ne s’agit point de ton voisin ou du mien, mais des décideurs. La spontéparité ou encore l’hétérogénie n’existent pas. Bref, aucun homme ne vient du néant, n’est ex-nihilo. Ceux qui maltraitent l’Afrique aujourd’hui sont les descendants de ceux qui l’avaient saigné auparavant, en mettant en esclave, toutes ses forces vives, ses enfants les robustes. 

Certains refusent l’assertion selon laquelle, le malheur de l’Afrique a débuté dès la venue des Européens. Or, les sociétés étaient organisées, vivaient tranquillement de la chasse et de la cueillette, sans avoir des rêves de richesse ou même de voyage. Mais, dès le moyen-âge, selon l’historien Augustin Thierry, certains noirs se sont retrouvés en Europe où, leur tâche résidait dans le recouvrement des créances pour les Seigneurs qui les hébergeaient. C’est en réalité le début d’un esclavage qui ne l’était pas vraiment puisqu’ils étaient des hommes libres.

*Ajout important : une petite omission s’est glissée dans ce texte. Il s’agit d’un oubli résultant, pas d’une méconnaissance, mais simplement de la rapidité d’écriture. En effet, comment ne pas parler de la Nubie ou de l’Egypte antique, pour ne citer qu’elles ? Ces civilisations africaines étaient très avancées et, c’est dans ces contrées que les Grecs, -pères de la démocratie- sont venus  apprendre. Et ceci, quand l’homme européen vivait encore dans les cavernes.

Ensuite, il y eut cet enchaînement qui n’a pas depuis cessé. L’esclavage entrait en scène, puis la colonisation, le néo-colonialisme et même une tentative tous azimuts de re-colinasation de l’Afrique par la force, avec hélas, la complicité de certains de ses propres enfants. Des traîtres qui ne veulent mettre à l’abri des besoins, rien que leurs familles, abandonnant les peuples, leur peuple. De Madagascar en Algérie, en passant par le Cameroun, on ne compte plus les génocides perpétrés par les Européens.

Aujourd’hui, ceux qui n’ont jamais respecté l’humanité, reviennent honteusement en Afrique avec le prétexte humanitaire pour piller le berceau de l’humanité. Pour cela, ils sont prêts à tout, font des guerres, tuent impunément en faisant pleuvoir sur des innocents, leurs missiles et leurs bombes. L’Afrique, le continent le plus riche au monde, est considérée comme « pauvre ». Savons-nous ici en France que, si le Niger, pays très pauvre selon le rapport du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) sur l’indice de pauvreté humain (IDH) n’existait pas, il n’y aurait pas d’électricité ?

Sans dédouaner les dirigeants africains, savamment choisis et dressés pour brader leurs pays, la malédiction de l’Afrique vient de l’Europe, n’en déplaise aux esprits chagrins et plutôt racistes qui ne s’en prennent qu’aux non-blans et non-aryens, comme l’explique Rosa Amelia Plumelle-Uribe dans… »Férocité blanche », qui inspire ce post. Loin, aussi, d’une vision manichéenne de la société, aujourd’hui, seules les armes parlent et la raison du plus fort est toujours la meilleure…