Paris a-t-il sacrifié ses otages du désert ?

Posted on Sep 27, 2010 @ 7:55

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De forts soupçons avaient déjà pesé sur l’opportunité du coup d’Etat militaire au Niger. En effet, l’ex président Mamadou Tandja, accusé de vouloir modifier la Constitution pour demeurer ad vitam aeternam au pouvoir, ce que nombre de chefs d’Etats amis de Paris font en Afrique, aurait été plutôt accusé d’intelligence avec l’ »ennemi chinois ». Les Chinois, peu regardant sur la gouvernance africaine, auraient eu un accord de principe de Tandja, parce qu’ils voulaient, semble-t-il, exploiter une partie de l’uranium nigérien, ce que Paris ne souhaitait pas.

Le président Tandja dont le pouvoir vacillait, voulait-il faire entrer les Chinois pour se protéger ? Selon nos informations, toujours est-il que, malgré l’implantation d’Areva au Niger, la seule préoccupation de cette multinationale est d’exploiter l’uranium sans aider les populations locales. Il n’y aurait même pas d’école où les 5 Français ont été enlevés dans la cité minière d’Arlit où Areva, qui emploie 2.500 personnes au Niger dont 50 expatriés, exploite des gisements d’uranium à ciel ouvert. A Arlit vivent environ 85 000 personnes et  c’est ici qu’est produit près de 40% de la production mondiale d’uranium. Il n’y même pas un dispensaire ou une école digne de ce nom accuse les animateurs de la radio locale: Radio Akokan…

Certains accusaient Areva d’avoir fomenté ce putsh au Niger, d’autant plus que la junte au pouvoir a été mystérieusement adoubée par Paris et les autres, au grand dam des démocrates. On se souvient que Salou Djibo, chef de la junte, a été reçu tour à tour à Paris ou à Bruxelles. Alors en quête de reconnaissance internationale, une certaine presse parlait même de cette junte qui a su convaincre ses interlocuteurs par…sa bonne foi. L’une de ses promesses était pourtant de revoir les contrats miniers. Alors qu’on a vu  s’exprimer Salou Djibo, le 23 septembre dernier, à l’ONU, un groupe de Nigériens vivant aux Etats-Unis aurait deposé une plainte en Action Collective contre Areva pour préjudice subi par l’Etat du Niger ainsi que les habitants d’Arlit notamment. Si elle aboutit, le groupe français pourrait payer une amende record de l’ordre de 20 milliards d’euros. Les 57 chefs d’accusation dont escroquerie, négligence criminelle, non-respect des termes du contrat le liant à l’Etat du Niger entre autres, vont de la période 1961 à 2007.

Alors, Paris a-t-il sacrifié ses ressortissants avec la complicité du régime pour empêcher que les Chinois ne s’installent au Niger ? Probablement. C’est ce qui ressort d’une information de l’Obsevatoire du nucléaire. Pour lui, l’enlèvement des sept salariés d’Areva et de Vinci au Niger, le 16 septembre dernier, serait une manoeuvre tactique de l’armée française destinée à conserver la mainmise de la France sur les mines d’uranium nigériennes. Quel scandale d’avoir laissé faire l’Aqmi (Al Qaïda au Maghreb islamique) agir en toute impunité ! Eux aussi sont-ils finalement des alliés naturels de Sarkozy ?

D’après plusieurs sources sahéliennes, la France vient d’installer une « base opérationnelle » de 80 militaires à Niamey pour tenter de retrouver les sept otages, dont un Togolais et un Malgache. Ils auraient déjà effectué dans la zone, 21 heures de vols de reconnaissance, pour localiser les otages. Les autorités françaises se disent prêtes à discuter avec l’Aqmi : »Nous sommes prêts à discuter avec les ravisseurs. Pour l’instant, aucun canal de pourparlers n’a été ouvert ». Un véritable camouflet après toutes les déclarations à l’emporte-pièce et les réunions et/ou conseil restreint de défense de l’Elysée. Certains accusent même déjà Paris d’avoir favoriser la création de l’Aqmi, émanation algérienne…Vrai risque d’attentat en France ou grosse arnaque ? Les jours et les semaines à venir vont certainement éclairer notre lanterne.