Francophonie: l’incroyable candidate Calixthe Beyala.

Posted on Juil 29, 2010 @ 10:00

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Lentement mais sûrement, l’écrivaine française Calixthe Beyala, avance ses pions. Tout le monde avait cru à un bluff et pourtant, l’unanimité et la légitimité de sa candidature, sans coup férir, à la tête de l’organisation moribonde de la Francophonie, fait son bonhomme de chemin. Calixthe Beyala avait déjà en 2000, tenté d’être candidate. Pour ce fait, elle avait présenté au président Jacques Chirac, un livret de plus de 800 pages. Un travail de fond donc. Pour briguer cette fois-ci le secrétariat général de la Francophonie, l’écrivaine avait, en juin dernier, fait une déclaration simple. Avec une simplicité déconcertante, elle cassait au passage la doxa habituelle, celle du cooptage incestueux immémorial, chasse gardée pour la retraite dorée des caciques de certains roitelets françafricains. Ambiance.

« Je me présente en tant que candidate au poste de secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie », pour notamment « redorer le blason » de la francophonie. »

« J’ai déposé ma candidature il y a trois mois. J’attends la réponse du président Sarkozy. J’espère qu’il va l’entériner »

Né à Douala au Cameroun en 1961, Calixthe Beyala, de nationalité française, est une femme d’honneur et de coeur. Quant à sa bibliographie, elle parle d’elle-même. Ancienne lectrice dans de nombreuses universités américaines, elle est l’un des rares auteurs francophones et francophiles dont l’oeuvre fait office de plusieurs thèses de doctorat outre-atlantique. Est-ce un hasard ?  Altière et forte, grande gueule, aussi, elle a un pedigree littéraire à la mesure de son talent:  « Maman a un amant » (Grand prix littéraire de l’Afrique Noire, 1993), « Les Honneurs perdus » (Grand prix de l’Académie Française, 1996) ou « La Petite Fille du réverbère » (Grand prix de l’Unicef, 1998).

Derrière cette volonté, se cache en réalité une femme de fer. Son site éponyme dédié à cette candidature fait l’objet d’un buzz considérable, après seulement quelques jours en ligne. Avec plus de 1000 soutiens fermes recensés journellement, venant du monde entier, le webmaster était heureux de nous révéler et montrer les chiffres, d’une part, des fréquentations, et d’autre part, des soutiens tous azimuts. De nombreux groupes se sont créés sur Facebook pour la soutenir, tout particulière Calixthe Beyala Secrétariat et Francophonie des peuples. On peut aussi souligner la création d’un Myspace. Entre 200 et 300 personnes s’y inscrivent désormais chaque jour.  Un engouement incomparable.

Cette candidature fait actuellement l’objet d’un véritable culte en Afrique. Tout le monde en parle. Des débats sont organisés,  d’Abidjan à Niamey, en passant par Dakar, Ndjamena ou Yaoundé. Dans ses derniers ressurgit la vraie Francophonie, celle des intellectuels et hommes des lettres qui veulent reprendre leur instrument. En effet, la Francophonie, avant que le politique n’en fasse son exclusivité, était un outil mis en place par un groupe d’écrivains amoureux de la langue française. Avec Calixthe Beyala plébiscitée finalement dans le monde entier, puisque de nombreux groupes de soutiens viennent désormais du Québec comme de l’Afrique anglophone, notamment du Ghana, membre associé, il ne reste plus que l’aval élyséen.

En tant que stratège politique de haut vol, le président français ne restera pas insensible à cette candidature bien longtemps. Ce serait comme se tirer une balle dans le pied, au lieu de redorer le blason de la France, après ses promesses de rupture avec la Françafrique. Et, in fine, une réconciliation de fait, avec une certaine population française qui voit en Calixthe Beyala son véritable leader charismatique, celle qui est au coeur de tous les combats, pour sa représentativité.