Requiem pour un ministre: Eric Woerth.

Posted on Juil 14, 2010 @ 8:16

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Les jours se suivent et se ressemblent en Sarkozye avec le plus grand scandale du plus scandaleux des ministres,  Eric Woerth. Hier, lors d’un chat au journal Le Monde, Françoise Fressoz, chef du service politique dudit quotidien, estimait à juste titre que le chef de l’État, Nicolas Sarkozy, avait pris un gros risque en maintenant son ministre du Travail en poste. C’était comme une prémonition et chacun pouvait penser que l’étau se desserrait autour de l’homme par qui le scandale arriva. Impopularité, surdité, affaires et magouilles, Ségolène Royal avait raison de parler d’un système Sarkozy corrompu.

Lors de l’entretien télévisé de mardi, la déontologie journalistique avait laissé place à la servilité éditoriale goupillée par un David Poujadas qu’on peut aisément comprendre. Comment poser des questions qui fâchent à son DRH ? Son incompétence notoire a été jugée sévèrement par les syndicats des journalistes. On croyait que le ministre, après la sortie du président, était sorti de l’auberge. Mais, finalement, hier dans la matinée, on apprenait par Le nouvelobs.com, que des documents prouvant que la famille Bettencourt, par des acrobaties astucieuses finançait l’UMP (lire le courrier) et par conséquent, Eric Woerth était encore épinglé puisqu’il disait auparavant connaître à peine Patrice de Maistre.

Et plus tard dans la journée, une nouvelle affaire d’ « argent-ami-pouvoir-favoritisme » venait troubler la quiétude de surface des zélateurs patentés d’un ministre en sursis. Cette fois-ci, c’est Le Canard Enchaîné à paraître aujourd’hui qui s’y collait, avec ses coups de becs et ses pattes palmées dans la tête de Nicolas Sarkozy. L’anatidé assène-là, un coup presque mortel au ministre Eric Woerth. Pire, cette nouvelle révélation, après que le commun des mortels soit au courant du placement de son propre fils au Conseil municipal de la Mairie de Chantilly, banlieue riche et très sélect du 6-0 dans l’Oise, où il est maire, ses multiples casquettes agacent.

Le conditionnel est certes de mise mais, le Ministère du budget, quelques jours avant son départ de ce ministère, affirme Le Canard, « a bradé une parcelle de la forêt de Compiègne avec son hippodrome et son golf à une association amie ». Comme à son habitude, l’embarras est arrivé mais les démentis ont commencé à pleuvoir, notamment côté Bercy. Selon Le Parisien reprenant le volatile, « Cette transaction a été conclue de gré à gré sans enchère, ni appel d’offres ». On est donc en pleine violation du droit. Mais, ce refus perpétuel de tenir compte de cette crise institutionnelle profonde, ce mépris de l’opinion, risque d’être fatal à termes à l’UMP. Le peuple n’a pas toujours la mémoire courte.

Cette cession illégale n’aurait pas eu l’approbation du ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire, poursuit Le Canard. Pire, c’est au profit de la Société des Courses de Compiègne, qui louait auparavant ledit terrain, et dont le président, Antoine Gilibert, serait du sérail, donc un « familier de Chantilly, de son hippodrome et de son maire Eric Woerth ». Quant on sait in fine que Mme Woerth possède l’écurie Dam’s bénéficiant du bouclier fiscal et les accointances dans ce milieu, que dire de plus ? Nicolas Sarkozy va-t-il lui-même lire l’élégie pour Eric Woerth ?