J’ai interviewé Nicolas Sarkozy.

Posted on Juil 1, 2010 @ 16:35

18


Nous arrivons au Palais de l’Élysée, escortés par des motards aux environs de 13h cet après-midi. Nous sommes reçus par une dame entre deux âges, affable et aimable. Claude Guéant plus ou moins chaleureux, nous introduit dans son cabinet. Il nous indique que le chef est au téléphone. Le diable passe. Un petit regard à gauche et, je vois apparaître entre l’encadrement de la porte d’entrée, Jean-David Levitte qui vient nous prendre, mon équipe et moi, pour nous conduire au bureau du chef.

Une poignée de main franche, les yeux dans les yeux, je regarde le petit homme qui esquisse un sourire gêné. Il est hésitant, me propose un cigare. Je décline l’offre. Il me propose alors un thé. Je l’avale rapidement, prêt, pour en découdre avec lui.

Allain-Jules : Bonjour Monsieur le président, merci de me recevoir et d’accepter de répondre à mes questions.

Nicolas Sarkozy: (bras croisés et yeux baissés) Bonjour Monsieur euh…Allain-Jules, ma porte est ouverte, même à ceux qui me combattent farouchement comme vous, depuis des années.

Allain-Jules: Votre politique excellence, et non votre personne. Pour en venir à nos questions M. Sarkozy, les députés PS ont interrogé le Gouvernement, ce mercredi, sur le chèque que Mme Bettencourt a versé à l’Association de soutien à l’action d’Eric Woerth (l’AFASAEW), ce micro-parti au service de votre ministre du travail.

Nicolas Sarkozy: Eric Woerth n’a rien fait.

Allain-Jules: Mais M. le président de la République, vous vous rendez compte un peu de votre désinvolture perçue par tous les Français ? Surtout que le parti de soutien à votre ministre n’est qu’une merveilleuse machine à foutage de gueule, d’autant plus qu’elle n’a aucun adhérent et perçoit quand même de l’argent.

Nicolas Sarkozy: Ce n’est pas illégal donc, M. Woerth n’a rien fait.

Allain-Jules: Vous semblez vouloir minimiser tout ça, alors que le même Woerth, qui encaisse de l’argent de la part de Liliane Bettencourt, décore Patrice de Maistre, employé de la richissime dame et employeur de sa propre épouse et a même dîné, en 2008, avec l’héritière de l’Oréal et fraudeuse du fisc. Est-ce bien raisonnable ?

Nicolas Sarkozy: (vexé ) Je vous ai déjà répondu. Allez-vous me poser cette question continuellement ?

Allain-Jules: Quand Eric Woerth finance Eric Woerth par l’entremise de l’AFASAEW, en faisant des chèques à l’association au nom de l’UMP alors qu’il est trésorier de l’UMP, qu’en pensez-vous ?

Nicolas Sarkozy: (visiblement courroucé)Aujourd’hui, j’ai rassuré les agriculteurs, j’ai annoncé aussi que j’allais remanier le Gouvernement en octobre.

Allain-Jules: Peut-être que c’est une façon astucieuse d’éteindre l’incendie, pour faire cesser la polémique qui enfle sur le plan médiatique avec encore plus de révélations. M. le président, ça devient intenable, non ?

Nicolas Sarkozy: (de plus en plus énervé). Vous ne pensez pas quand même que ce sont les médias qui guident nos actions.

Allain-Jules: M. Le président, pour finir, trois questions en une: Un sondage indique que 42% de Français souhaitent qu’Éric Woerth reste au Gouvernement. Vous croyez en celui-ci alors qu’il y a 37% de Français qui désapprouvent ? Qui a commandé un tel sondage et quel est le bien fondé de celui-ci ? Que pensez-vous des propos de Madame Royal ?

Nicolas Sarkozy: (dodelinant de la tête)Je ne suis pas au courant de ce sondage et ne sais pas vraiment qui il sert. Quant à Madame Royal, je ne sais pas mais, elle joue son rôle…

Allain-Jules: Merci M. le Président.

Mais bien sûr que c’est un fake. Aucun journaliste institutionnel n’osera lui poser les bonnes et les vraies questions. Ou si, quand la poule aura des dents.